Compte-rendu de la réunion du réseau optimisé du 05 juin 2014
Cynthia

PÔLE INSERTION

ASSOCIATION LA POSE

9, rue Abel de Pujol

59300 Valenciennes

03.27.47.22.99

COMPTE-RENDU

REUNION DU RESEAU OPTIMISE 5 Juin 2014

Présents : Ambrozy Marianne – La Ferme des Hauts de Lorette, Bruniaux Caroline – Ajar, Cerny Karl – Sauvegarde du Nord, Charron Cindy – C2RI, Dejardin Alexia – Ajar, Dekeyser Yvan – Maison de l’Emploi, Deloge Francine – La Pose, Jovelin Karelle – Sauvegarde du Nord, Leblond Peggy – Espoir, Loonès Mickaël – La Pose, Mabon Emmanuelle – Ageval, Nirlot Sabrina – La Pose, Ouadahi Nadia  – CAPEP, Pinchon Pascal – La Pose.

 

  1. Quelques chiffres et commentaires :

5 immersions en cours ou programmées

22 immersions en attente de traitement

44 immersions réalisées et évaluées au 2 juin 2014

Dont 19 découvertes 25 évaluation de compétences

Dont 27 titulaires d’un CER et 17 titulaires d’un PPAE

Dont 20 travaillant sur un chantier de la CAVM et 24 de la CAPH

Peu d’immersions seront programmées en juillet (uniquement sur projet spécifique) car la période est en général peu propice pour les chantiers d’insertion.

 

  1. Intervention Karl Cerny, directeur du dispositif addictologie Métropole lilloise de la Sauvegarde du Nord et Délégué Régional, membre du CA de la Fédération Addiction, et de Karelle Jovelin, juriste RH à la Sauvegarde du Nord.

 

Petite synthèse des interventions et des échanges :

 

La drogue, un tabou français :

Le législateur français a un souci spécifique à la France concernant l’approche des produits stupéfiants. La première loi contre l’usage de stupéfiants intervient en 1846 pour interdire aux « drogueries » de vendre de l’arsenic suite à une forte recrudescence des homicides par empoisonnement. Beaucoup de nos lois sont paradoxales.

 

Le législateur réagit à des faits sociaux sans se poser la question sociétale de la place des drogues dans notre société.

Pourquoi fait-on usage de drogues ?

3 raisons principales sont connues :

–       Modifier un état de conscience pour avoir accès au mystique et chercher des réponses aux questions existentielles,

–       Augmenter la performance ou le plaisir,

–       Lutter contre la douleur physique et/ou psychique.

Constat : de tout temps et de toute civilisation, une société sans drogues n’existe pas.

Pour nous faire comprendre la place immanente des drogues dans les sociétés humaines, Mr Cerny reprend cette maxime au terme de chaque illustration :

« C’est comme ça aujourd’hui, c’était comme ça hier. Il n’y a aucune raison pour que ce ne soit pas comme ça demain. » Karl Cerny

 

La France est un pays viticole et la consommation de l’alcool répond également à des enjeux financiers et de paix sociale. De même, une lutte totale contre le trafic des drogues illicites parait invraisemblable car les enjeux en matière de paix sociale  suite au démantèlement des économies parallèles sont importants.

 

Alors que la sécurité routière mobilise de nombreuses ressources de l’Etat, la route a tué en France 3268 personnes en 2013. Le tabac tue chaque année environ 70 000 personnes et l’alcool 50 000 personnes en France.

 

Comment accompagner les bénéficiaires des dispositifs IAE  addictifs ?

 

Tout d’abord, une bonne nouvelle ! On peut sortir de l’addiction ! En revanche, les parcours de soin sont très rarement linéaires.

 

Il est important de faire la distinction entre l’usage de drogue et l’addiction.

 

Le premier entretien devrait avant tout s’intéresser à la question suivante :

Quelle fonction remplit le produit chez la personne qui en use ?

 

Dans un accompagnement, il est important de trianguler la relation autour du traitement des addictions avec un partenaire spécialisé pour que la santé devienne bien l’enjeu central de l’accompagnement, et non pas le contrat de travail ou le renouvellement possible du contrat.

 

La sanction peut parfois aussi faire partie de l’accompagnement.

 

Quelle est la responsabilité de l’employeur ?

 

Un accident mortel, même suite à la consommation de drogue d’’un salarié, est une faute inexcusable à la charge de l’employeur.

 

L’employeur a une obligation de résultat en matière de santé au travail, mais les possibilités d’agir sont pourtant restreintes.

 

Pour faire usage d’éthylotest ou de tests salivaires (cannabis), il faut que la possibilité d’y recourir soit clairement énoncée dans le règlement intérieur. L’employeur ne pourra cependant pas procéder à des tests inopinés de tout l’établissement. Il peut le faire pour une catégorie de salariés bien identifiés et intervenant sur des postes jugés dangereux, dont l’utilisation de matériels pouvant entrainer des accidents mortels. La conduite de véhicules ou d’engins entrent dans cette catégorie. Ils peuvent également se faire pour des salariés entrant en contact avec du public ou une clientèle.

L’idéal est que le règlement intérieur et le contrat de travail prévoient également la possibilité de recourir aux éthylotests de manière inopinée et la présentation du permis de conduire ainsi que l’attestation périodique de la validité de celui-ci (permis à points).

 

A noter : Les tests salivaires restent peu fiables à ce jour et ne sont pas à conseiller.

 

La question des tests est plus complexe qu’il n’y parait, notamment sur le plan managérial. Lorsque les tests sont négatifs, tout va bien. Mais que faisons-nous s’ils sont positifs ?

 

Que faire en situation de danger immédiat d’un salarié ayant consommé des stupéfiants ou de l’alcool ?

 

Le réflexe est souvent d’appeler le 18 (pompiers) qui hésitent parfois à se déplacer. La bonne pratique est d’appeler le 15 (SAMU)  qui a l’obligation de prendre en charge la situation et de placer les personnes en sécurité dès lors qu’ils sont prévenus. Un médecin en ligne déterminera la marche à suivre et la nature des secours qui seront dépêchés.

 

Les appels au 18 doivent être réservés à des accidents sur la voie publique et au signalement d’un incendie.

 

Le salarié ne peut se soustraire à l’intervention du SAMU. Il a lui aussi une obligation de se mettre en sécurité.

 

 

Lorsque l’on considère les risques employeurs, et à la foi la mission d’accompagnement qui est la nôtre, quelles sont les clés qui devraient nous aider à décider le risque que nous prenons ou non à renouveler une personne victime d’une telle addiction ?

 

Clé valide : lorsque la personne sujette à une addiction accepte une démarche de soins, cela témoigne d’une volonté d’en sortir.

Clé cassée : le déni complet est improductif. Il apparait inutile de poursuivre un parcours en chantier d’insertion tant que ce déni existe.

 

 

Merci encore aux personnes présentes et à nos deux intervenants pour ces participations de qualité.


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